Du bon usage de la résistance

Monsieur le Président de la République, nous sommes des résistants, que cela vous plaise ou non !

Tribune de Ludovine de La Rochère, Présidente de la Manif pour Tous, parue dans le Figaro du 31 mai. 

Monsieur le Président de la République,

Que cela vous plaise ou non, nous continuerons de nous considérer comme des résistants et des veilleurs dans notre beau pays, la France, berceau des droits de l’homme et patrie des libertés.

Alors que vous êtes le Président de tous les Français, depuis des mois que nous nous adressons à vous, vous ne nous avez ni vus ni entendus. Maintenant, vous prétendez nous interdire d’utiliser certains mots de notre langue française !

Du mot « résistance », vous disiez le 27 mai, au cours d’une visite dans un lycée parisien, que « (…) nul n’a le droit d’utiliser ces mots (ndlr : dont celui de résistance) pour défendre des idées – si on peut appeler cela des idées – d’aujourd’hui ».

En déclarant « si on peut appeler cela des idées d’aujourd’hui » , vous évoquiez manifestement la défense du mariage homme-femme, la filiation père-mère-enfant, le droit pour un enfant d’avoir un papa et une maman, l’opposition à la procréation médicalement assistée pour tous et à la gestation pour autrui. Des « idées » et des valeurs soutenues par une majorité de Français faut-il encore vous le rappeler Monsieur le Président de la République ? Ce dimanche 26 mai, de très nombreux Français sont encore venus à Paris, une énième fois, pour défendre ces « idées » et ce, malgré toutes les tentatives d’intimidation de ces derniers jours.

Vous commenciez votre déclaration par « les mots ont toujours un sens. Il faut leur donner leur signification. »

Or, la définition que le dictionnaire Larousse donne du mot « résistance » est la suivante : « Action de résister à une autorité, de s’opposer à ce que l’on n’approuve pas. »

Alors oui, Monsieur le Président de la République, nous sommes des résistants. Des résistants de la conscience comme ces 93 personnes dont de nombreux jeunes, parfois mineurs, une femme enceinte, une personne malvoyante ou encore un prêtre, que la police a arrêtées à proximité du lycée où vous vous trouviez au moment où vous prononciez ces mots.

Alors oui, Monsieur le Président de la République, nous affirmons qu’il est appliqué, sur ordre des plus hautes sphères du pouvoir, la politique du « deux poids – deux mesures » contre les sympathisants de La Manif Pour Tous. Plusieurs centaines d’interpellations ont eu lieu en trois jours à Paris ! En ce mois de mai 2013, dans notre pays, mieux vaut être supporter d’un club de football que sympathisant de La Manif Pour Tous !

Qu’il soit très clair que La Manif Pour Tous n’a jamais toléré, ne tolère et ne tolérera jamais aucune action violente contre les personnes ou les biens ; qu’elle condamne les actions non pacifiques comme elle demande à tous de ne pas perturber les « mariages » qui auront lieu prochainement entre deux personnes de même sexe.

Mais sur le déferlement d’interpellations de ces derniers mois et de ces derniers jours, Monsieur le Président de la République, combien l’ont été pour le simple port de sweat shirt avec un logo représentant une famille ? Pour avoir chanté, en se promenant, quelques slogans (si ce n’est la Marseillaise), qui ne sont sans doute pas de votre goût ? Pour avoir fait du vélo dans les rues de nos villes avec un drapeau ? Pour avoir mis des banderoles au bord de routes ? Pour avoir récité des poèmes sur une pelouse ou sur une place ?

Avez-vous déjà oublié que le Conseil de l’Europe a été saisi fin avril au sujet de la répression croissante de votre gouvernement contre les opposants à la loi Taubira ? N’entendez vous pas également les nombreuses voix, en France et à l’étranger, qui s’inquiètent de ces vagues d’interpellations sommaires?

Monsieur le Président de la République, retrouvez de la modération dans les instructions données aux forces de police. Osez tendre la main aux gens qui ne pensent pas comme vous. Entendez le peuple de France. Respectez la démocratie en acceptant un débat à la hauteur des enjeux.

Nous, le peuple, nous sommes profondément heurtés par le mépris et l’arrogance dont vous faites preuve à notre encontre.

Vous disiez fort justement, voici quelques jours, qu’ « on ne construit rien de solide en ignorant le réel. » C’est précisément ce que des millions de Français ne cessent de vous dire depuis des mois !

Car le réel, en ce qui concerne l’humain, c’est qu’un enfant ne peut naître que d’un homme et d’une femme. C’est tout simplement pour cela que seul le mariage homme-femme est possible. Quant au « mariage » de deux hommes ou de deux femmes, il n’est pas fondé sur le réel, mais sur l’irréalité, qui n’est qu’illusion et mensonge.

Monsieur le Président de la République, c’est à cause de votre refus obstiné de nous entendre que nous sommes effectivement entrés en résistance. Une résistance pacifique, mais déterminée. Une résistance qui durera autant d’années que nécessaire. Une résistance en faveur de la famille, des enfants, des générations à venir. Ils sont notre avenir et c’est pourquoi vous devriez en être vous-même le premier protecteur !

Croyez, Monsieur le Président de la République, que lorsqu’un peuple a pris conscience qu’il lutte pour une juste cause, il triomphe toujours.

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